20/10/10

L'enfer, c'est les autres. Et Mark Zuckerberg. Et David Fincher.

Je ne vais pas souvent au cinéma. Je ne sais pas si c'est la perspective de payer douze euros pour voir un film mal assise, dans le bruit, à deux sièges d'un mec à l'odeur de vieille soupe moisie en train de jouer sur son téléphone tout en trifouillant dans un sac de Baff la moitié du film qui me rebute, ou si cela relève plus simplement de mon syndrome "Amélie Poulain" ou "comment je ne dois pas être complètement faite comme les autres". Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, j'aurais dû le voir environ douze fois lors de sa sortie. Sauf que pour des raisons obscures (même pour moi)(c'était il y a longtemps), je n'ai jamais trouvé le moment pour y aller. Et quand j'ai enfin fini par le voir, environ quatre ans après tout le monde, sans détester, je suis loin d'y avoir vu le chef d'œuvre qu'on m'avait décrit. D'où, méfiance...

Néanmoins, The Social Network, ou plus vraisemblablement, Ze Saucheul Nayteweurque, comme je l'ai entendu dans la queue du Monoprix samedi quand j'achetais mon fromage blanc et mes miel pops, j'avais envie de le voir. Mais parce que la vie, cette teigne, est un chemin tortueux parsemé d'embûches et de trous aux allures abyssales, et Le Mâle ayant décidé de lever l'ancre pour deux semaines, j'ai consenti à passer le week-end à le regarder faire sa valise et accessoirement, mater des Tex Avery tout en boulottant des chocapic à même le paquet affalée sur le canapé (sexy).

Sauf que dimanche soir, 23h40 heure locale, le constat est terrible: strictement TOUT LE MONDE a vu The Social Network. Sauf moi. Et TOUT LE MONDE a adoré. Sauf moi, donc. Enfer et damnation. Jalousie et contrition.

C'est donc comme une pauvre âme en peine que je me retrouve réduite à errer ça et là pour lire des critiques toutes plus ressemblantes et dithyrambiques les unes que les autres et, connais déjà, sans les avoir entendues, les deux phrases cultes du film (FYI, "I'm CEO, bitch" et "If you had invented Facebook, you'd have invented Facebook"). Super.

Je vous informe donc qu'en signe de rébellion, ou par pur sursaut d'orgueil allez savoir, j'ai pris la décision de ne pas me déguiser en Mark Zuckerberg, comme 80 % des affreux consuméristes qui fêteront Halloween cette année. Ce sera déjà ça que la lose n'aura pas.